Accueil > Actualités et humeurs > J - 2 : ça sent la panique dans les rectorats

J - 2 : ça sent la panique dans les rectorats

jeudi 17 mai 2018, par Clèves, princesse(s)

** Et soudain, la semaine d’avant, le surbooking devint possible : ici ou là, le rectorat contacta les doyens pour revenir sur la donnée d’appel. Tout d’un coup, un surbooking à la hauteur du nombre de candidatures fut accepté. Ailleurs, soudain, toutes les candidatures furent classées ex-aequo.

C’est qu’un message du 17 mai sur la plateforme de gestion Parcoursup explique que "...pour fluidifier le processus, nous vous ouvrons la possibilité de saisir, directement et sans passer par votre SAIO [ND le rectorat], les rangs limite d’appel pour vos formations".
Traduction : les responsables des licences non sélectives pourront dire OUI dès le 22 mai à l’ensemble des candidat-e-s à leur formation même si leur nombre excède les capacités d’accueil de la licence concernée. Or, jusque là, pour des raisons strictement idéologiques (introduire une apparence de sélection même là où ça n’a pas le moindre sens), le ministère répondait à ces responsables de licence qu’il fallait absolument CLASSER et METTRE EN ATTENTE même si ça ne servait à rien. Par exemple, une licence qui affiche officiellement 100 places de capacité et a reçu 400 candidatures. Les responsables savent par expérience qu’au terme des désistements il y aura de la place pour tout le monde...mais jusqu’à il y a quelques jours, les responsables de licence en question n’étaient pas autorisés à dire OUI aux 400 candidat-e-s. On leur demandait de faire un classement et de mettre artificiellement sur liste d’attente 300 d’entre eux.

Et voilà que les responsables de licence soupçonnés jusqu’alors d’être de dangereux anarchistes sont devenus d’utiles "fluidificateurs de processus". Car en disant OUI tout de suite, ils vont (un peu) réduire la taille des énormes files d’attente qui se préparent.
Mais que ces aimables fluidificateurs n’espèrent pas que le ministère les remercie : un message leur a été adressé sur Parcoursup pour leur préciser qu’ils doivent bien sûr s’engager à accueillir leurs candidat-e-s "sans moyen financier supplémentaire" ! Aux collègues auxquels on répète depuis des mois qu’ils doivent classer les candidatures reçues dans Parcoursup sans quoi aucun-e étudiant-e ne sera accepté dans leur licence...... et qui ont, souvent la mort dans l’âme, produit des classements qu’ils savaient en outre parfaitement inutiles : c’était une blague juste pour voir si nous obéissons quand on nous donne des ordres absurdes !"
[merci à Hélène Steinmetz pour cette très utile traduction]

CAR

** 270.000 candidats seraient en attente avec #Parcoursup contre 156.000 au 1er tour avec APB (Le Parisien-étudiant, 17 mai 2018)

#APB2017 : 652 980 candidats ont eu 1 proposition dès le 1er tour, dont 400 861 sur leur 1er vœu (soit plus de 61% des propositions)
#Parcoursup2018 : Environ 1/3 des candidats soit 270 000 va devoir attendre au minimum 1 mois avant de recevoir un ‘oui’ ou un ‘oui si’.

** Et puis il y a ce merveilleux "slide" envoyé aux proviseurs de lycée dans l’académie de Versailles. Extraits :

Newsletter 43


Montage du collectif "Cortège de tête".